jeudi 28 avril 2011

Un tout petit monde


C’est un monde éloigné du continent, quelque part sous l’équateur là où l’Océan se fait nommé Pacifique. Une vingtaine d’îles le délimite, peut-être plus si l’on compte les nombreux cratères de volcans qui surgissent de l’eau. Ce monde offre des paysages extraordinaires. Là, des coulées de laves millénaires ont recouvert le sol de cette roche noire légère et alvéolée. Plus loin, la mangrove pleine de vie, labyrinthe de bois clair et feuillages verdoyants, sert de frontière entre les eaux turquoises et la terre ferme. C’est un monde où la diversité s’exprime jusque dans les moindres détails comme ces grains de sable souvent blancs ou noirs, quelquefois jaunes ou rouges, qui colorent des plages uniques. Souvent dans l’après-midi, au loin, les sommets des volcans se couvrent de nuages mystérieux.

C’est un monde marin habité par d’étranges animaux. Depuis les passerelles en bois du petit port de Vallamil sur Isabela, on aperçoit des lions de mer joueurs qui viennent barboter, d’autres plus téméraires qui, d’un saut, prennent possession de bateaux, une tortue de mer plutôt curieuse ou encore des couples de petits pingouins nageant à vive allure. Un tuba et un masque permettent de s’inviter chez les requins de récifs bien portants et mesurant facilement 1m50 et de nager avec des duos de tortues. Un équipement de plongée : pour découvrir des étoiles de mer aux couleurs inédites, pour danser avec des lions de mer amusés, pour s’émerveiller sous les raies mantas de 6m. Des sandales en sortant de l’eau, pour éviter de marcher sur l’un des milliers d’iguanes marins aux ressemblances plus que frappantes avec leurs cousins dinosaures.

C’est un monde terrestre habité par des créatures venues de temps préhistoriques. Lonesome Georges, un des doyens de l’île, accumule les 150 années sous sa carapace. Certes le lièvre va plus vite mais pas aussi loin ! Les nouvelles générations protégées grandissent sans danger sous leurs lourdes carapaces. Les iguanes terrestres bariolés de couleurs acidulées apprécient le chaud soleil de ces îles. Dans la mangrove, l’armée de crabes quand elle ne dort pas, affûte ses pinces au passage de petits poissons. C’est aussi une terre d’accueil pour des centaines d’oiseaux aux formes et couleurs surprenantes. Ici, une frégate magnifique au torse rougeoyant, plus loin l’un des fameux pinsons au bec comme-ci ou comme ça, et là des fous à pattes bleues sortis tout droit d’un dessin animé.

Un monde unique qui attire un groupe d’explorateurs venus des contrées éloignées du 14eme district près du parc Montsouris ou du pays des grands sombreros. Les retrouvailles après sept mois. A la différence de l’illustre Darwin, ils ne s’assiéront pas sur le dos des tortues géantes. L’un d’eux protégé par son panama affronte les vagues pour découvrir le monde aquatique. Un autre, muni de souliers dernière génération, arpente les moindres recoins de cette terre. Tous les quatre s’émerveillent des trésors de ce monde et rencontrent des habitants souriants, intéressants et tranquilles. Un monde où les habitants joueurs, se retrouvent sur le city stade chaque soir dès 17h. Julien tel un lyonnais retrouve peu à peu un niveau footballistique intéressant. 

Ce monde, c’est un monde où le visiteur ne se sent pas vraiment chez lui, malgré l’hospitalité des deux mille habitants. Ce n’est pas le monde des hommes ici, mais celui de la nature et des animaux. Le village est une tâche minuscule sur une île immense, vu du haut de l’avion 5 places qui nous ramène à l’aéroport principal. Un archipel isolé où le temps s’est arrêté, que l’homme tente de ne pas endommager, mais de protéger. 

C’est un tout petit monde, fragile au creux de nos mains…

2 commentaires:

  1. Merveilleux...
    pense enormement a vous
    Ariane

    RépondreSupprimer
  2. Depuis votre départ, tous vos messages et photographies nous font rêver. Mais je dois avouer que ce dernier est peut être celui qui m'attire le plus.

    Bisous aux deux voyageurs
    Bérangère

    RépondreSupprimer