Depuis notre dernier article et notre découverte des trésors du Nil, nous avons eu de très belles expériences : nous avons plongé du côté de la Mer Rouge, nous avons visité l’incroyable site de Pétra et surtout nous avons traversé certaines frontières et d’autres.... non.
Revenons rapidement sur ce diplôme de plongée passé brillamment par Sandra (49/50) et astucieusement par Julien (au-dessus du minimum requis). Après quatre jours de cours et de plongées, jusqu’à 17m tout de même, nous sommes maintenant certifiés Padi - 1er niveau. Cela faisait longtemps que nous n’avions plus connu ce stress du retour de copie corrigée, mais tout s’est bien passé. Geff, notre instructeur sud-africain (surfeur également), nous a fait découvrir les fonds marins exceptionnels de Nuweiba: des coraux multicolores encore préservés, des dizaines d’espèces de poissons différentes, allant des couples de poissons clowns aux poissons lions, pierres… en passant par les barracudas et par chance une raie manta de plus d'un mètre. MAGIQUE ! Nous avons également profité de cette semaine pour affiner notre bronzage et assouplir nos plantes de pieds avec le contact du sable fin lors des déjeuners et diners.
Puis nous avons quitté l’Egypte, préférant l’option routarde (comprenez plus économe) du passage de la frontière Egyptienne puis Israélienne (avec un visa sans tampon sur le passeport) et enfin Jordanienne, à l’option bateau reliant directement l’Egypte à Aqaba en Jordanie. Au passage de Taba (Egypte) à Eliat (Israël) les policiers sont d'un coup plus armés, plus attentifs, le climat change. La devise n'est plus la même le paysage non plus. La Mer Rouge est toujours là mais les constructions, les infrastructures, sont modernes. On se croirait sur la côte d’Azur. La négociation ardue avec le taxi s’est transformée en un simple « meter sir ». Vingt minutes plus tard nous quittons Israël pour Aqaba en Jordanie. Nous expérimentons la notion du « No man’s land ». Personne, en pleine journée, dans cette bande de désert de près de 500m de large, des militaires surarmés de chaque côté se guettant et une appréhension: si la Jordanie ne nous acceptait pas malgré les accords de paix avec Israël. Inquiétude infondée, une heure plus tard nous sommes dans un minibus collectif avec Nathalia et Pedro, un couple d’argentin très sympa, en direction de Pétra.
En quelques heures, nous retrouvons nos repères, de bons plats de fallafels, le même langage, à ceci près qu’on nous répond « vous parlez égyptien » en référence à certaines expressions locales, mais certains indices confirment que nous venons bien de changer de pays. Moins de monde dans les rues (seulement 7 millions d’habitants contre 83 millions), les affiches du Roi un peu partout placardées, 6° de moins (ouf), des klaxons moins utilisés et des sourires francs accompagnés de "welcome". Nous commençons à ressentir cette hospitalité Jordanienne.
Dès le lendemain, nous partons pour le site merveilleux de Pétra, trois jours durant. De la première heure (à 6h sous la lune à l'ouverture de la grille) à la dernière minute nous avons été éblouis par cette cité antique. Evidemment il y a les plus célèbres monuments, le Kazneh, le monastère Ed Deir, les tombes, mais il y a aussi pour ceux qui le souhaitent, la possibilité de s'aventurer un peu plus haut ou un peu plus loin afin de visiter l'immense site autrement. Nous avons fait de superbes randonnées sur les hauteurs, rencontré, en compagnie de Marie et Rochdi un couple de belges extra, le gardien du mont Aaron (un nouveau portrait est dispo), bu le thé traditionnel avec un Bédouin au-dessus du Kazneh et apprécié le calme loin du flux de touristes sur le chemin principal. Pétra est un MUST! C'est aussi un lieu encore vivant avec les bédouins, occupants du site jusqu'en 1985, qui y travaillent chaque jour et qui animent cette visite inoubliable!
Rochdi, Marie et bien d'autres nous conseillent vivement de visiter la Syrie: "Un pays extraordinaire", "des gens encore plus accueillants, chaleureux" et surtout un coût de la vie moins élevé. Ni une ni deux, les frontières étant proches ici, malgré notre absence de visa Syrien nous tentons notre chance jeudi. 3h de bus depuis Pétra et 1h30 de taxi collectif depuis Amman plus tard, nous sortons de Jordanie. Nous payons nos taxes, nous passons les check points de cette frontière plus animée et nous nous présentons en Syrie.
Déjà des premiers changements: fini les chiffres occidentaux (certes arabes) sur les plaques des voitures, uniquement des chiffres arabes, le président Bachar El-Assad a remplacé le roi Abdullah sur les affiches et la devise est 60 fois plus faible... Malheureusement nous ne pourrons vous en dire plus. Nous avons seulement visité les 100 premiers mètres du parking de la frontière Syrienne, le temps de stationner le taxi. Puis après une heure de confiscation de passeport, un officier gradé nous rétorque sans explication "go back to Jordan, not allowed in Syria". Pas de chance nous cumulions les "fautes": pas de visa et un très probable accord secret entre la Jordanie et la Syrie qui s'informent sur des passages de frontière depuis Israël (ici Palestine occupée) même sans présence de tampon sur le passeport.
Une journée nerveusement intense pour ne pas dire un peu dure mais nous saurons rebondir en découvrant pour trois semaines la Jordanie...dans ses moindres recoins.