samedi 30 octobre 2010

D’une frontière à l’autre

Depuis notre dernier article et notre découverte des trésors du Nil, nous avons eu de très belles expériences : nous avons plongé du côté de la Mer Rouge, nous avons visité l’incroyable site de Pétra et surtout nous avons traversé certaines frontières et d’autres.... non.

Revenons rapidement sur ce diplôme de plongée passé brillamment par Sandra (49/50) et astucieusement par Julien (au-dessus du minimum requis). Après quatre jours de cours et de plongées, jusqu’à 17m tout de même, nous sommes maintenant certifiés Padi - 1er niveau. Cela faisait longtemps que nous n’avions plus connu ce stress du retour de copie corrigée, mais tout s’est bien passé. Geff, notre instructeur sud-africain (surfeur également), nous a fait découvrir les fonds marins exceptionnels de Nuweiba: des coraux multicolores encore préservés, des dizaines d’espèces de poissons différentes, allant des couples de poissons clowns aux poissons lions, pierres… en passant par les barracudas et par chance une raie manta de plus d'un mètre. MAGIQUE ! Nous avons également profité de cette semaine pour affiner notre bronzage et assouplir nos plantes de pieds avec le contact du sable fin lors des déjeuners et diners.

Puis nous avons quitté l’Egypte, préférant l’option routarde (comprenez plus économe) du passage de la frontière Egyptienne puis Israélienne (avec un visa sans tampon sur le passeport) et enfin Jordanienne, à l’option bateau reliant directement l’Egypte à Aqaba en Jordanie. Au  passage de Taba (Egypte) à Eliat (Israël) les policiers sont d'un coup plus armés, plus attentifs, le climat change. La devise n'est plus la même le paysage non plus. La Mer Rouge est toujours là mais les constructions, les infrastructures, sont modernes. On se croirait sur la côte d’Azur. La négociation ardue avec le taxi s’est transformée en un simple « meter sir ». Vingt minutes plus tard nous quittons Israël pour Aqaba en Jordanie. Nous expérimentons la notion du « No man’s land ». Personne, en pleine journée, dans cette bande de désert de près de 500m de large, des militaires surarmés de chaque côté se guettant et une appréhension: si la Jordanie ne nous acceptait pas malgré les accords de paix avec Israël. Inquiétude infondée, une heure plus tard nous sommes dans un minibus collectif avec Nathalia et Pedro, un couple d’argentin très sympa, en direction de Pétra. 

En quelques heures, nous retrouvons nos repères, de bons plats de fallafels, le même langage,  à ceci près qu’on nous répond « vous parlez égyptien » en référence à certaines expressions locales, mais certains indices confirment que nous venons bien de changer de pays. Moins de monde dans les rues (seulement 7 millions d’habitants contre 83 millions), les affiches du Roi un peu partout placardées, 6° de moins (ouf), des klaxons moins utilisés et des sourires francs accompagnés de "welcome". Nous commençons à ressentir cette hospitalité Jordanienne.
Dès le lendemain, nous partons pour le site merveilleux de Pétra, trois jours durant. De la première heure (à 6h sous la lune à l'ouverture de la grille) à la dernière minute nous avons été éblouis par cette cité antique. Evidemment il y a les plus célèbres monuments, le Kazneh, le monastère Ed Deir, les tombes, mais il y a aussi pour ceux qui le souhaitent, la possibilité de s'aventurer un peu plus haut ou un peu plus loin afin de visiter l'immense site autrement. Nous avons fait de superbes randonnées sur les hauteurs, rencontré, en compagnie de Marie et Rochdi un couple de belges extra, le gardien du mont Aaron (un nouveau portrait est dispo), bu le thé traditionnel avec un Bédouin au-dessus du Kazneh et apprécié le calme loin du flux de touristes sur le chemin principal. Pétra est un MUST! C'est aussi un lieu encore vivant avec les bédouins, occupants du site jusqu'en 1985, qui y travaillent chaque jour et qui animent cette visite inoubliable!

Rochdi, Marie et bien d'autres nous conseillent vivement de visiter la Syrie: "Un pays extraordinaire", "des gens encore plus accueillants, chaleureux" et surtout un coût de la vie moins élevé. Ni une ni  deux, les frontières étant proches ici, malgré notre absence de visa Syrien nous tentons notre chance jeudi. 3h de bus depuis Pétra et 1h30 de taxi collectif depuis Amman plus tard, nous sortons de Jordanie. Nous payons nos taxes, nous passons les check points de cette frontière plus animée et nous nous présentons en Syrie. 

Déjà des premiers changements: fini les chiffres occidentaux (certes arabes) sur les plaques des voitures, uniquement des chiffres arabes, le président Bachar El-Assad a remplacé le roi Abdullah sur les affiches et la devise est 60 fois plus faible... Malheureusement nous ne pourrons vous en dire plus.  Nous avons seulement visité les 100 premiers mètres du parking de la frontière Syrienne, le temps de stationner le taxi. Puis après une heure de confiscation de passeport, un officier gradé nous rétorque sans explication "go back to Jordan, not allowed in Syria". Pas de chance nous cumulions les "fautes": pas de visa et un très probable accord secret entre la Jordanie et la Syrie qui s'informent sur des passages de frontière depuis Israël (ici Palestine occupée) même sans présence de tampon sur le passeport.

Une journée nerveusement intense pour ne pas dire un peu dure mais nous saurons rebondir en découvrant pour trois semaines la Jordanie...dans ses moindres recoins.

dimanche 17 octobre 2010

Mort   VIE sur le Nil

10 jours au fil de l’eau, sur les bords du Nil, à visiter les trésors de Égypte antique. 

Notre cher Hercule Poirot n’aurait pas eu fort à faire pour retrouver notre trace au cours de ces 10 derniers jours. Nous avons établi deux camps de base de cinq jours chacun, à Assouan et à Louxor. Au sein de ces villes, 2 hôtels et à quelques exceptions près, 2 restos qui nous ont beaucoup plu et dans lesquels nous avions nos habitudes. L’un au bord du Nil à Assouan, l’autre sur la rive ouest, la rive calme de Louxor.

Non, nous ne maitrisons pas le langage des hiéroglyphes même si Sandra est probablement plus cousine avec Champollion que Julien. Non, nous n’avons pas doublé le nombre de mots maitrisés en arabe même si nous l’avons un peu enrichi. Oui, après ce passage, on comprend mieux qu’Agatha Christie ait puisé son inspiration ici. Quand on visite ces superbes temples qui bordent le Nil, on est immergé dans Égypte antique (-1500 / - 1000 avJC) : le moyen empire, le nouvel empire avec ses pharaons prestigieux (Thoutmosis III, Ramses II….), leurs œuvres démesurées, leurs offrandes abondantes à Amon, Horus ou autre Anubis. On ressent également, derrière une pièce feutrée d’un temple, l’atmosphère de l’époque avec ses intrigues : les alliances secrètes et trahisons pour la succession du pharaon.  

Le Nil est présent partout ici, il est synonyme de VIE  pour tous, beaucoup plus que de Mort. Le Nil qui permet d’irriguer sur ses rives une surface cultivable de 5 à 10 km de large, afin de nourrir 83 millions égyptiens. Le Nil qui se laisse remonter par près de 300 ferrys de croisière pour le plus grand bonheur des touristes, première ressource économique du pays. Le Nil encore faisant vivre les felouquiers qui moyennant quelques euros vous emmènent naviguer au rythme du vent. Attention, pour profiter au mieux des felouques l’important est moins l’argent que le temps. Il nous a fallu 3 heures tout de même pour faire le tour de l’île Éléphantine longue de 1km et demi, et encore Julien dû ramer ! Nous avions prévu 3 jours sur le Nil à bord d’une felouque, mais, sans vent, nous nous sommes ravisés…
Le Nil toujours qui permet à Baba Dool de jouir d’une vue extraordinaire depuis sa petite terrasse sur l’île Éléphantine, pour le plus grand bonheur de Sandra & Julien un 9 octobre 2010. Nous ne nous attarderons pas beaucoup plus sur cette après-midi inoubliable passée avec Mustapha le Nubien à discuter simplement en profitant d’un bon thé, le reste est à lire sur l’onglet portrait….

Ces 10 jours nous ont permis de visiter tranquillement des temples incroyables. Le sondage au sein du couple Monnery Averous ne permettant pas d’établir un top 3, nous vous livrons nos préférés : l’excursion de 7h AR (départ 03h am) jusqu’à Abou Simbel, à 50km de la frontière du Soudan, pour constater le remarquable travail de l’Unesco qui a préservé ces chefs d’œuvre du lac Nasser ; le temple d’Edfou, sur la route de Louxor, l’un des mieux conservé avec des couleurs éclatantes ; Philae construit au milieu d’une île sur le Nil ; ou encore Hatchepsout la plus grande reine d'Égypte qui fit bâtir ce temple gigantesque au pied d’une paroi monumentale (probablement du 6b voir 6c pour les amateurs de grimpette). 

Un autre moment fort de ces visites est sans aucun doute notre escapade en vélo pour nous rendre dans la vallée des Rois à Louxor. Magique ! Ces tombeaux découverts, et d’autres encore fouillés par les archéologues, qui nous emmènent dans des galeries, 100m sous terre, illustrées de superbes hiéroglyphes narrant des scènes d’offrandes aux Dieux, de passage vers l’au-delà, de batailles….
Réveillés à 05h30, prêts à 06h15 pour un tour en vélo vers le temple de Hatchepsout (7km) nous croisons un couple de quinqua qui nous lance « no, we don’t stop at Hatchepsout, we go up to the king valley : not so difficult ! ». Décontenancés, nous ne savons plus qui croire : notre fidèle Routard qui évoquait un trajet très difficile notamment en été « à moins d’avoir un passé de légionnaire » ? Ce couple de quinqua « not so difficult » ? Notre fierté nous poussa vers la deuxième solution. Ce n’est qu’en route, lors de la montée (certes pas si raide mais sous les 32-34°), que la même question nous est venue à tous les deux : « Ce couple, ne seraient-ils pas Hollandais, et probablement bien plus affûtés que nous à vélo ? » Résultat, nous sommes arrivés en haut plutôt en forme, le retour vers 11h sous les 40° fut légèrement plus fatiguant… mais heureusement la sieste est là. Une expérience formidable qu’on vous conseille, mais plutôt en hiver.

10 jours  marqués  par une envie de grands espaces. Après la navigation en felouque et la traversée jusqu’à Abou Simbel, pour la première fois, nous nous sommes élancés dans les airs. Tel Nicolas Hulot, souriants mais toujours attentifs aux gestes du capitaine de la montgolfière, nous avons profité d’une vue incroyable au lever du jour sur Louxor, la vallée des rois, le temple d’Hatchepsout et bien sûr le Nil.

Un passage inoubliable sur les rives animées du Nil. Un fleuve source de VIE et nous espérons d’enVIE de découvrir. Maintenant place au monde de Némo pour 1 semaine de plongée du côté de la Mer Rouge. 

by Sandra & Julien

P.S : Encore un grand merci pour vos commentaires ils nous font très plaisir.

mercredi 6 octobre 2010

01 07 52 27 44

 القاهرة           Vous ne comprenez pas tout ? Ne vous en faites pas nous non plus…

01, comme la première semaine depuis notre départ, c’est aussi notre premier pays. Nous voilà immergés en pleine Egypte. Nos 4 premiers jours passés au Caire nous ont permis de palper l’énergie de cette ville bouillonnante avec près de 30% de sa population qui a moins de 15 ans. Nous découvrons un langage très codé, pas l’Arabe mais celui des klaxons : 1 petit coup pour dire merci, 2 coups pour dire « attention je suis derrière et je fonce » et une salve pour marquer son mécontentement. Ajoutez à cela l’apprentissage sur le tas de la traversée d’une 2X4 voies, transformée par les conducteurs en 2X6 voies, et nous voilà formés pour les prochaines mégalopoles.
 01 comme la première rencontre pour Julien avec les splendides pyramides de Guizèh mais aussi la première expérience de chicha à la pomme dans un café du Caire.
01, c’est aussi notre premier cachet de Tiorphan avalé.

07, comme l’une des sept merveilles du monde. La seule antique qui a traversé les âges. Pensez, les 3 pyramides ont été construites il y a plus de 4500 ans, Kheops a construit la première, suivi par Khephren son fils et enfin Mykérinos. Inoubliable également cette expérience au cœur de la pyramide de Khephren en se faufilant dans un passage minuscule avec un taux d’humidité digne d’un hammam.
07, comme le nombre de Kocheris à notre actif, rien de mieux que ces petits mets populaires à base de pâtes de riz et de lentilles pour former nos estomacs.

52, c’est le nombre de fois par jour où nous ouvrons et refermons notre Routard pour tâcher de mémoriser un nom de restaurant ou une rue… Nous ne parlons pas encore complètement l’Arabe contrairement à ce que pensent nos interlocuteurs dès que nous essayons d’aligner deux mots.
52, c’est aussi le nombre de nouveaux amis que nous nous sommes faits avec des « camel ride special good price for you » ou «free guided tour my friend ». 

27, comme la température agréable d’Alexandrie avec ses balades sur le front de mer, ses bons poissons et la nouvelle bibliothèque construite en 2001 (200 000 livres et une capacité d’accueil de 2000 lecteurs). Elle est comme l’originale, un carrefour de savoirs installé dans un écrin architectural magnifique.
27, comme le nombre de millions d’habitants du Caire* selon notre chauffeur, 15 millions selon la police, ce qui en fait la plus grande ville d’Afrique.
27, c’est aussi un nombre cher à Sandra à partir de lundi prochain et ce pour un an…

44, comme les 44 degrés à Assouan qui sont quelque peu assommants. Un voyage en train depuis Alexandrie avec une grande partie en train couchette et nous voici aux portes de la Nubie. La semaine à venir s’annonce au doux rythme du Nil avec des trajets en felouque et des visites de magnifiques temples. 

Nous prenons notre temps et tâchons de découvrir les nombreuses facettes de l’Egypte en dehors des sentiers balisés.
                                                                                            By Sandra & Julien