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lundi 21 février 2011

Un séjour au Laos en trois actes

Un premier acte structurant qui se déroule dans le sud du pays dans la région de Paksé. Nous venons de passer la frontière avec le Cambodge, nous décidons de sauter l’étape des 4000 îles sur le Mékong et le déferlement de touristes venus siroter des hectos litres de Beerlao. Paksé, au bord du Mékong, est une étape idéale pour sillonner les environs et notamment le plateau des Bolovens. La ville n’a rien de bien charmant. La première approche à la tombée de la nuit, après 12h de bus depuis Phnom Penh et le refus d’une demi-douzaine de guesthouses déjà pleines, ne nous enthousiasme pas plus que ça. Pour s’en faire une vraie idée, quoi de mieux que de visiter plus en profondeur cette ville et d’y passer 7 jours ? Sandra se charge de l’alibi pendant notre seconde nuit. Allons visiter l’hôpital voisin et sa nouvelle structure « internationale » ! La doctoresse parle bien l’anglais, c’est à peu près la seule de tout l’hôpital. Pas de raison de refuser son cocktail détonnant de potassium et sodium sous forme de perfusion. A l’étage, lit confortable pour madame et banquette pour monsieur pendant 24h. Heureusement ce n’était qu’une grosse frayeur et Sandra reprendra vite des couleurs. Repos oblige, les jours suivants, nous visitons et revisitons le café Katuad sur la rue principale et Julien apprend à négocier en Laos le prix de la noix de coco fraiche du marché (indispensable pour ses vertus thérapeutiques). Partis pour visiter les infrastructures récentes de la ville nous testons également l’aéroport « international ». Très bien : accueil personnalisé, passage sécurité souple, hall d’embarcation de 50 sièges et accès direct sur le tarmac. Deux heures d’avion plus tard, nous serons à Luang Prabang, contre 24h en bus. Merci le coucou à hélices ! Paksé, comme le sud du Laos s’ouvre tout azimut au tourisme, tout se développe rapidement (trop ?) mais nous témoignons que les infrastructures suivent…


Un second acte, bien plus magique. Facile pensez-vous ! Luang Prabang est un vrai bijou. Une ville superbement protégée notamment grâce à son inscription au patrimoine mondiale de l’humanité par l’UNESCO en 1995. Ici, nous décidons un « lâcher prise » sur le budget. Nous passons en mode voyage de noces. Superbes guesthouses, délicieux restaurants, excellents vins venus du Chili et massages divins. Certes, tout cela pourrait nous empêcher d’être objectifs mais Luang Prabang c’est un gros coup de cœur. Des dizaines de routards nous avaient vanté les louanges de la ville, l’attente était élevée… pourtant tous avaient raison. Luang Prabang, ce sont 1200 Bonzes, répartis dans des dizaines de temples magnifiques avec leurs toits touchant presque le sol, qui perpétuent les traditions Bouddhistes. Celle de l’aumône matinale dans les rues (Reras) est inoubliable si l’on omet certains comportements inadmissibles de touristes! Ce sont deux rives, celles du Mékong et de la rivière Namké, où il fait bon se promener ou tout simplement passer l’après-midi à bouquiner. Ce sont des dizaines de guesthouses et resto, plus cosy et agréables les uns que les autres, installés dans des villas coloniales préservées. Luang Prabang est une ville qui a su contenir le tourisme dans un écrin naturel et architectural. Bref, foncez-y !


Un troisième acte authentique qui se déroule dans un Laos sauvage, celui des campagnes et des montagnes. D’abord le plateau des Bolovens au sud lors de nos trois premiers jours dans le pays. Le plateau des Bolovens avec ses plantations de café, de thé, ses forêts… Nous passons deux jours à scooter pour faire une boucle de près de 200km. Julien a retrouvé les réflexes d’antan ! Deux jours où nous traversons les villages aux habitations souvent rudimentaires, où nous dégustons des cafés chez les producteurs (comment faire plus équitable ?), où nous allons de cascades en cascades en y piquant une tête par moments. Une grande bouffée d’air. Puis, à 1500 km de là, pour terminer le séjour avant l’entrée en Chine : 24h perdus à 10km de la frontière chinoise à Muang Sing. Ici, ce sont des forêts verdoyantes (quand elles n’ont pas été coupées pour laisser place aux cultures de bamboo tree), des rizières et des villages ethniques. Malheureusement, en pleine saison sèche le Laos n’est plus vert ! Les forêts se rapprochent de leur cousines canadiennes de la fin août et les rizières sont désespérément jaunes. Pourtant, le trek d’une journée dans les villages, accompagnés de Taniu notre guide de l’ethnie Akka, nous a marqué. Quel beau moment cette demi-heure muette, simplement passée à regarder deux jeunes filles transformer un morceau de coton brut en un fin fil blanc sur une petite toupie de bois! La balade nous a également permis de mesurer que le Népal, c’était il y a quasiment deux mois et que nos mollets se sont relâchés depuis !


La gentillesse des Laotiens, les paysages encore sauvages, la Dolce Vita à Luang Prabang et l’envie de voir toutes ces rizières repeintes en vert sont autant de raisons d’y revenir un jour… mais cette fois ce sera à la saison des pluies.


Devant nous maintenant la Chine. Nous venons de passer la frontière il y a quelques heures, nous sommes à moins de 300km du Laos et pourtant déjà si loin. Nos premières impressions au pays du lotus bleu sont fascinantes, nous mesurons l’aventure qui nous attend et ne quittons plus notre petit dictionnaire. Une résolution : nous allons nous faire une heure de Chinois par jour. Sandra commence déjà à recopier les signes des menus pour qu’on ne meurt pas de faim, à suivre….