vendredi 21 janvier 2011

Si j’étais un lieu ...


2 semaines depuis le départ du Népal, 3 lieux depuis Katmandou, tous  très différents. Singapour, Bangkok, et Koh Phi-Phi, île paradisiaque de Thaïlande. Pas assez de temps pour s'en imprégner vraiment, de simples impressions TRÈS subjectives. A vous de juger:

Si Singapour était un objet, ce serait le dernier I-Phone
Si Bangkok était un objet, ce serait un tee shirt fashion insolite, qu'on déniche sur Khao san road ou au marché de Chatuchak.
Si Koh Phi-Phi était un objet, ce serait un maillot de bain (très bien porté par la grande majorité des touristes de l'île, surprenant!)

Si Singapour était une saison, ce serait l'été pluvieux!
Si Bangkok était une saison, ce serait l'été agréable.
Si Koh Phi-Phi était une saison, ce serait l'été nuageux...nous n'avons pas été très chanceux!

Si Singapour était un plat, ce serait ... on avoue, ce ne sont pas les spécialités locales qui nous ont le plus attirées, mais le possible retour à une alimentation française – un bonheur, une parenthèse!
Si Bangkok était un plat, ce serait le Pad Thai (nouilles sautées aux légumes, parsemées de cacahuètes qu'on trouve dans la rue)
Si Koh Phi-Phi était un plat, ce serait le poisson grillé, les pieds dans le sable.
   
Si Singapour était une couleur, ce serait le fluo, des enseignes à néon des marques de luxe
Si Bangkok était une couleur, ce serait le doré, de ses temples
Si Koh Phi-Phi était une couleur ce serait le turquoise, de ses eaux.

Si Singapour était un film, ce serait "Matrix" ou "Bienvenue à Gattaca" avec des personnages amicaux
Si Bangkok était un film, ce serait "Very bad trip"
Si Koh Phi-Phi était un film, ce serait "La Plage", biensur!

Si Singapour était un bruit, ce serait le ronronnement de la clim'
Si Bangkok était un bruit, ce serait la musique à fond de Kho San Road
Si Koh Phi-Phi était un bruit, ce serait les rouleaux des vagues se jetant sur le sable (blanc le sable...)

Si Singapour était un loisir, ce serait le shopping!
Si Bangkok était un loisir, ce serait la visite de temples bouddhiques,
Si Koh Phi-Phi était un loisir, ce serait la plongée!

Si Singapour était un instant, ce serait la tarte tatin d'aubergines et tomates séchées, pignons, qu'Elo et Ben nous ont concocté (ainsi que la session foot avec Ben)!
Si Bangkok était un instant, ce serait la vue sur la ville de nuit, depuis le Long Table Bar en dégustant un verre de Côtes du Rhône!
Si Koh Phi-Phi était un instant, ce serait "l’envol de la tortue" en plongée!

Deux semaines de transition pour relier deux parties d'Asie très différentes. Deux semaines pour profiter de nos amis et partager de super moments. Ben & Elo encore un grand merci pour votre accueil et Manue pour tes anecdotes...Deux semaines pour recharger les batteries et changer de look...
C'est parti direction le Cambodge où nous venons d'arriver.
(nouveau portrait Népal dispo)

vendredi 7 janvier 2011

Népal 2067


Région du Langtang – Népal – 24.12.2067

Kusang, le chef de l’équipe, âgé de 21 ans seulement, demande à Zangbu, son meilleur ami et pour l’occasion porteur, d’amener la surprise pour les quatre invités qui fêtent ce qu’ils appellent Noël. Dehors, au pied du glacier Langtang Li Run 7215m, un air glacial, venu des hauts plateaux du Tibet, transforme en glace toute chose ou matière qui tente de freiner son allure. Koncha, le frère de Kusang et son assistant pour cette expédition, termine avec entrain ce dernier toast étrange qu’ils nomment foie gras. Soudain, alors qu’une nouvelle rafale de vent vient lécher les fines vitres du refuge, Zangbu apparait, sous le sourire de Patma l’autre porteur, heureux de leur présenter le gâteau qu’il a cuisiné toute l’après-midi durant, sur son réchaud de fortune. Les invités sont heureux de ce repas de Noël que leur a concocté toute l’équipe : un apéro avec des olives, quelques toasts, le traditionnel Dal Bath (le plat des Népalais) et ce gâteau. Certes il fait -15° dehors, ce ne sont pas les huitres, le saumon et les autres mets délicieux qu’ils connaissent mieux, mais ce Noël est unique, perdu dans ces montagnes majestueuses.

Nous sommes en 2067, le 15 décembre Françoise et Michel, les parents de Julien, débarquent sous la nuit noire de Katmandou. A cette heure-ci la grande ville mythique ressemble à s’y méprendre à un village. Aucune lumière. La coupure de courant quotidienne vient de commencer et ce pour 8 heures. C’est étrange, comment les habitants s’adaptent-ils ? Là-bas, en Europe, les choses ne vont pas ainsi. Une demi-heure occasionnellement et cela fait la une des journaux. Peu importe, ce qui compte c’est ce trek de 13 jours et se retrouver tous les quatre pendant trois semaines. La veille du trek est consacrée à la préparation du sac et du matériel. Dans Katmandou les magasins pour les trekkeurs ont depuis quelques années remplacés les lieux de rencontres des hippies. Le commerce du Goretex (pas toujours de bonne qualité) a dépassé celui du Hash.

Tous les quatre, accompagnés de Kusang et son équipe marchent pendant 13 jours à un rythme élevé. Au total 8000m de dénivelé montée. Un col à 4600m (Gossaikunda Pass), 7 nuits à plus de 3400m d’altitude et un sommet à 5000m. La journée commence tôt. Le petit déjeuner fini, ils partent à 08h30, déjeunent vers 13h et finissent souvent à 16h avant le coucher de soleil et l’arrivée de la nuit (toujours glaciale). La partie de carte fait patienter jusqu’au diner et dodo entre 20h et 21h. La journée, c’est une succession de paysages à couper le souffle : des vues sur les géants enneigés, des vallées cultivées en étage, profondes de quelques 2000m, des temples habillés de leurs drapeaux et rouleaux à prières. Les levers/couchers de soleil sur les chaînes des Ganesh Himal à la frontière avec le Tibet, sur la chaîne des Annapurna ou encore sur le Langtang Li Run, sont inoubliables. C’est effectivement ici le Nirvana, au moins celui du Trekkeur.

 En 2067 au Népal, les modestes cadeaux ramenés depuis la France donnent le sourire à de nombreux enfants. Ici, dans les montagnes, rares sont ceux qui vont à l’école. Quand elle n’est pas éloignée de  plus de 2h de marche aller depuis le village, ce sont les parents qui ne peuvent pas se passer du faible revenu gagné par leur enfant. Alors ils sont au champ, travaillent dans les bus ou vont chercher quotidiennement l’eau et le bois 1000m plus bas.
En 2067 au Népal, Françoise constate qu’il coûte moins cher de faire une cascade en descente et de se faire recoudre la lèvre dans un poste de santé, que de passer une heure sur internet depuis le même village. Alors pourquoi étudier pour être infirmière quand il suffit de proposer un ordinateur avec une carte 3G aux touristes qui peuplent les sentiers ?
En 2067 au Népal, on ressent encore cette atmosphère si particulière qui a amené ici les jeunes du monde entiers dans les années 60. La nature est grandiose, les montagnes les plus hautes du monde sont une invitation à la méditation, les monastères Bouddhistes et les temples partout présents font état de la spiritualité qui règne ici.

Pourtant, plusieurs questions se posent : comment cet Etat peut-il se construire sans gouvernement stable, sans impôt conséquent donc sans vrai revenu ? Comment les entreprises peuvent-elles s’installer ici quand il y a entre 8 et 18h de coupure d’électricité par jour ? L’Etat peut-il mieux maitriser le développement du tourisme dans ses montagnes en continuant de s’appuyer sur les organisations internationales (WWF, UNDP, UNEP,…) pour la protection de son écrin naturel? Comment le Népal va-t-il être affecté par la fonte de ses glaciers, baisse de ses cours d’eau, donc baisse d’énergie et appauvrissement d’une des plus grande réserve d’eau douce mondiale? 

En 2067, selon le calendrier népalais, nous fêtons 2011 en France. Aujourd’hui également, en France, les glaciers diminuent, il suffit de se promener du côté de Chamonix pour s’en apercevoir. Les photos en noir et blanc des années 60 en attestent. Où en serons-nous en 2067 ?