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vendredi 18 mars 2011

Où est donc passé le Lotus bleu ?


Il était une fois un couple de jeunes français qui se demandait à quoi pouvait bien ressembler le pays du Lotus bleu près de 80 ans après qu’un célèbre journaliste voisin l’ait exploré.

Un Panda bien intentionné leur souffla à l’oreille qu’ils devaient se détourner de leur parcours pour rejoindre une mystérieuse cité appelée Xi’an. Située en plein cœur de l’empire, elle renfermait un indice vieux de plus de 2200 ans qui pourrait les mener jusqu’au Lotus bleu. Encore sonnés par leur courte nuit en bus, ils prirent la direction de la périphérie de cette ville de 8 millions d’habitants pour interroger le célèbre Qin Shi Huangdi qu’on surnommait le « premier empereur ». Malheureusement, ils découvrirent que l’indice était protégé par une armée infranchissable de 6000 soldats, cavaliers, archers… en terre cuite qui défendaient coudes serrés les labyrinthes souterrains. Il était trop bien gardé ! De plus, des centaines d’autres enquêteurs étaient sur place et des millions étaient déjà probablement passés. Aucun indice, mais quel spectacle que ces guerriers de taille réelle ! Le train partait le soir même, il leur fallait rallier la ville du Lotus bleu.

Après de multiples vérifications sur leur compas, la position indiquait bien Shanghai, la ville du Lotus bleu. Comment cela était-il possible ? Ils auraient juré avoir été transportés à Manhattan ! A y regarder de plus près, les habitants parlaient toujours bien ce langage mystérieux, lisaient ces beaux caractères d’écriture et s’empressaient d’essayer de les aider. Pourtant, ils s’interrogeaient : comment ces gratte-ciels avaient-ils poussés ? Ils étaient fascinants, tous différents, tous plus hauts et des centaines grandissaient encore. Des trains souterrains ultra modernes, très agréables, leur servaient de transport dans cette ville de 18 millions d’habitants. Une rencontre était programmée avec une nouvelle indic’ trouvée sur un réseau fiable : couch surfing. Vite, une commande de nouveaux vêtements sur-mesure dans un marché local pour changer de camouflage, même si ici ils étaient moins vite repérés qu’au Yunnan. L’agréable rendez-vous eut lieu dans un beau bar lounge. Ici, les habitués délaissaient le jeu de mahjong et l’historique pipe pour déguster une sélection de bières maison. Rachel (son pseudo Sino-australien) leur conseilla de ne pas passer plus de 3 jours à Shanghai pour aller enquêter plus au nord. Là-bas un nouveau contact les attendrait pour 5 nuits (même réseau que le précédent) et leur donnerait toutes les informations nécessaires sur les lieux mystérieux de la ville du dernier empereur où pouvait se trouver encore le Lotus bleu. Ou peut-être était-il trop tard ?

Le temps pressait, il fallait prendre ce train du futur qui roulait à très vive allure. Plus impressionnant encore de confort que le tgv qu’ils connaissaient bien. Au nord, ils trouvèrent Beijing la capitale. Ils arpentaient quelques-unes des dernières hutongs, ces ruelles d’antan, entourées de nouveaux gratte-ciels et encadrées par d’immenses routes carrossables. Les gens étaient toujours gentils, très souvent souriants et parlaient quelque peu l’anglais. Une première journée où ils passèrent une heure et demie à patienter devant une guérite inconnue mais visiblement très appréciée par les locaux pour ses pâtisseries en feuilletés et ses palmiers. Ils trouveraient peut être un indice. Rien, mais que c’était bon ! Il leur fallait maintenant s’aventurer au-delà de ces grands murs rouges longs de plus d’un kilomètre et pénétrer dans la résidence même du dernier empereur. L’émerveillement s’emparait d’eux, subjugués par la beauté de cette citée avec ses palais et ses cours imbriquées. Ce n’était pas possible, les informations devaient être erronées, ce dernier empereur ne pouvait pas seul vivre là, au milieu de ces palais par dizaines ! Quel bonheur cette enquête qui les menait dans des endroits magnifiques! 

Yao, leur indic’ et hôte d’exception était d’une gentillesse hors norme. Cette gentillesse qui fait apprécier tout un peuple pour la bonté d’un individu. Elle les logeait, les accompagnait reprendre des forces en fin de journée, à base de canard laqué exquis ou autre fondue divine, et tentait de les aider en leur donnant tous les indices qu’elle connaissait sur sa ville natale. Beijing était une ville trop grande, la tâche était trop importante : il fallait tenter sa chance en dehors, au niveau des frontières ancestrales, le lieu qu’on appelle ici la Grande Muraille. Tour à tour plusieurs indic’ les guidaient jusqu’à ce site majestueux. La randonnée de plus de 3h sur cette œuvre monumentale commandée par ce fameux Qin Shi Huangdi (encore lui) et poursuivie par les Ming (pas Minh) fût inoubliable. Contemplation, réflexion sur ces changements si rapides dans ce pays. Admiration devant ce peuple aux multiples origines, ouvert, curieux, travailleur et logiquement fier de son histoire.  Notre célèbre journaliste serait perdu ici aujourd’hui. Pour nos jeunes enquêteurs trouver son chemin s’avéra finalement « assez simple ». Malheureusement leur illettrisme momentané ne leur permis de communiquer pleinement que dans ces immenses villes. Pourtant les rencontres courtes, de quelques mots ou de quelques sourires, ou encore celle plus longue avec Yao (portrait dispo) suffirent à leur donner envie de revenir un jour poursuivre cette enquête inachevée !
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Ils quittèrent la Chine, un vrai pincement au cœur en pensant à ce pays tant apprécié, mais plus largement à leur chemin qui s’éloignait maintenant du continent asiatique. Quatre mois étaient passés depuis leurs premiers pas à Mumbai. Ils avaient traversé l’Inde du sud au nord, franchi de superbes cols dans l’Himalaya et repris des forces à Singapour. Ils s’étaient enchantés de ces sourires Cambodgiens, avaient apprécié la douceur des Laotiens et leur cité de Luang Prabang. Enfin, depuis ce Yunnan si agréable, ils avaient été fascinés par l’empire du milieu majestueux ! 

Comme devant chaque nouvelle escale qui les attendait l’envie gagnait sur la nostalgie. Ils s’imaginaient déjà dans la torpeur des tropiques s’émerveiller au milieu des trésors aztèques, à l’équateur découvrir les derniers dragons, randonner de volcans en sommets pour enfin, sous de nouveaux tropiques, cheminer vers les Incas avant de se perdre au fin fond du Pacifique devant de mystérieuses statues ….

samedi 12 mars 2011

Le sud de la Chine en poésie


Que les noms de Gorges du Saut du Tigre, mont des Dragons de Jade ou autre Yunnan littéralement "au Sud des nuages", appellent à la poésie (amatrice!) quoi de plus normal? En Chine, les paysages invitent à la rêverie, et leurs noms stimulent l'imaginaire, le pas est donc franchi...
Au sein de l'Empire du Milieu, chemin faisant,
Dans la campagne chinoise sculptée par les champs,
Ici, plus qu'ailleurs les pupilles émerveillées,
S'écarquillent devant les couleurs par milliers,
Les lacs et douces rivières aux accents bleutés,
Les montagnes abruptes, temples et forêts sacrées,
Les singes s'amusent non loin des pandas fatigués,
Quand des millions d'hommes s'activent dans les contrés.

Son entrée, le Yunnan, au sud des nuages,
Distille de la douceur à l'étranger de passage.
Dali entre lac Erhai, et ses montagnes,
Une étape rêvée, cafés, vélo en campagne,
Et sans oublier, les gargotes traditionnelles
Les pavés, les toits gris qui façonnent les ruelles.
La vieille Lijiang, grand encrier renversé,
Dont d'étroits canaux alimentent en eau glacée
Les artères, arpentées par des chinois groupés!
Au loin, les fascinants Monts du Dragon de Jade,
Poudrés de blanc promettent une belle escapade.
Le lendemain, aux pieds des monts enneigés,
Les Gorges du saut du Tigre une belle randonnée,
Surplombant un torrent émeraude, les yeux rivés,
Nous sommes fascinés.

Kunming, l'agréable ville du printemps éternel,
Où modernité et élégance s'entremêlent,
Forêt de gratte-ciels entoure le temple local,
Façonne les coutumes à la mode occidentale.
Bienheureux les danseurs font de la résistance,
En plein air, dans le parc du peuple, en cadence.
Dans le train de nuit, les voyageurs se réveillent
Avec face à eux le mystérieux mont Emei
Equipés de crampons ils percent le brouillard
Leurs bâtons frappent les marches, dans les règles de l'art
Des milliers de foulées, enfin le beau sommet
Au-dessus d'une mer de nuages, ensoleillé.
Chengdu Parfaite Capitale et son opéra,
Derrière les bambous préserve ses gros ours pandas,
Que l'on n'oubliera pas!
Ce poème, composé le 10 mars 2011, à  l'ombre des gratte-ciels de Shanghai, espère être récompensé par l'Académie Française...