samedi 27 novembre 2010

Final checks… ready and Action : ça tourne !

Quelques heures auront suffi pour retrouver nos marques dans ce pays incroyable qu’est l’Inde. A peine atterris nous sommes assaillis par la foule, le bruit, les odeurs de Mumbai et ses 15 millions d’habitants. Nous sommes assommés par les 30° et 70% d’humidité. Les images de centaines de personnes dormant sur les trottoirs, de dizaines de bidonvilles disséminés dans la ville sont choquantes. Il faut prendre son temps sans quoi, on ne retient de l’Inde que ces images. Au-delà, l’on voit des indiens  toujours  curieux, souriants, très souvent bienveillants et fiers de leur pays. Au-delà, c’est du bonheur !

Il ne nous aura fallu que 10h pour se retrouver de nouveau habillés en costumes traditionnels (maharajah et sari). Mumbai/Bombay est connu pour ses films de Bollywood. Qu’à cela ne tienne nous jouerons à Bollywood ! Plus jeunes, beaucoup d’entre nous avons déjà aidé des amis à se rencontrer et ainsi à créer un beau couple. Sandra et moi décidons d’aller plus loin, nous devenons figurants pour la dernière publicité du site indien de rencontre Bharat matrimony. Notre première journée est donc interminable. 06h nous atterrissons, 09h nous avons une guesthouse, 09h10 on nous propose de jouer, 14h nous partons vers les studios, 03h du matin nous rentrons enfin à la guesthouse. Julien se voyait devenir acteur, c’est finalement Sandra et son sari qui truste les premiers rôles de figurants. On vous laissera découvrir ça prochainement sur le blog. Le reste de notre séjour à Mumbai se caractérise par des petites promenades dans le centre historique de la ville, de bons restos traditionnels et des pauses café car Mumbai est la « capitale » de la coffee expérience.

Galvanisés par vos messages concernant notre aventure jordanienne en vélo, nous décidons de remettre ça en équipe sur le site d’Hampi. En fait, ce sera juste un décrassage en se promenant avec 6 autres touristes à travers les ruines de ce site fantastique. Mais nous n’avons rien perdu de nos mollets et ces vélos sans vitesse ne sont pas sans rappeler notre ancien vélo n°1. Nous passons donc une semaine à Hampi, un site archéologique du 13e au 15e siècle, sur une trentaine de km carré. C'était le plus grand site hindou d'Inde du Sud, et il n’a pas fallu moins que l’attaque simultanée de 5 sultans musulmans pour y mettre fin! Nous sommes entourés d‘une jungle, de bananiers et de rizières, si bien que les singes viennent nous déranger et prendre possession de la terrasse de la guesthouse, nous reléguant dans nos chambres de temps en temps... C’est qu’ils n’ont pas l’air d’avoir la tendresse de Chita… Hampi est un village tranquille, au milieu des temples anciens, qui garde le charme des petits endroits paradisiaques: les grands hôtels et cars de touristes n'ont pas encore envahis les lieux. Ce village est aussi celui de soixante-huitards des années 2010: Ici, c'est la caricature du touriste qui vient en Inde, habits colorés, quelques lunettes rondes, et dreadlocks, quelques sons de tambours. On est un peu décalés avec notre look de trekkeurs! Alors Sandra a acheté un pantalon léger et un peu large. Mais on avoue, on n'a pas franchi d'autres caps! 

Au fait, le cinéma n’est pas terminé : entre deux temples nous découvrons le tournage d’une prochaine grande production d’Andhra Pradesh. Près de 200 personnes s’affairent autour des stars du film, les prises s’enchainent sous les projecteurs et les perchent de sons. Autour, pas moins de 500 indiens déchaînés sont heureux d’apercevoir leurs stars. Pas de chance pour nous cette foule nous empêche d’être reconnus par le réalisateur, nous ne serons donc pas comédiens cette fois-ci…..

L’Inde est un pays immense et de surcroît les trajets prennent du temps, beaucoup de temps. Comptez une moyenne de 30km/h en bus traditionnels et 40-50km/h en train. Nous décidons de jouer la carte environnementale et économique, nous privilégierons tant que faire se peut le train. Un premier trajet de rodage entre Mumbai et Hubli (100km de Hampi) de 15h en train de nuit nous met en confiance. C’est confortable, on sympathise avec nos voisins et croyez-le ou non, on ne voit pas le temps passer… Nous enchaînons donc pour la grande traversée du Sud au Nord : Bangalore-Darjeeling via Calcutta soit 48h de train. Là nous aurons du mal à vous convaincre sur le fait que ça passe tout seul. 
Après tout c’est aussi une bonne manière de découvrir la vie des campagnes indiennes, le travail dans les champs et la vitesse du train nous laisse le temps d’immortaliser encore de nombreux sourires collectés sur notre passage.

samedi 13 novembre 2010

A Bicyclette…

-Et maintenant qu’est-ce qu’on fait pendant 3 semaines en Jordanie ?
-Je ne sais pas. Ce serait sympa de prendre notre temps et de trouver quelque chose d’original à faire.
-Prenons quelque jours à Amman et on avise, ok ?
-Ok. Tiens et si on faisait un truc fou du genre acheter des vélos et traverser jusqu’au sud, à Aqaba ?!
-Tu crois ? Nous qui n’avons jamais dépassé les 20km en vtc dans la forêt de Compiègne.

 Fou n’est  pas le mot qui décrit notre aventure de 10 jours sur nos 2 vtt à traverser une grande partie de la Jordanie par la magique route du Roi. Extraordinaire conviendrait mieux. Certes, les mollets ont souffert, quelques rapides idées d’abandon ont pu nous traverser l’esprit, mais que la route fut belle. Des « welcome »  par milliers récoltés sur la route et autant de klaxons d’encouragement, des centaines de proposition pour venir boire le thé, des panoramas du haut des wadi (canyon/vallée) à couper le souffle et quelques rencontres marquantes.

Après 5 jours passés à Amman, nous partons avec un souvenir très agréable de cette capitale à taille humaine avec ses collines et maisons harmonieuses construites en pierre de taille blanche. Une ville où il doit faire bon vivre. D’Amman nous gardons aussi en mémoire cette rencontre avec Djemil et Mohammad, tous deux jordaniens. Mohammad travaille en Arabie Saoudite et son oncle en Allemagne, où il a immigré il y a 13 ans. Après une seconde rencontre fortuite dans la rue, nous déjeunons ensemble puis  l’après-midi, ils modifient leur programme pour nous aider à trouver nos vélos à l’autre bout de la ville. Ils nous font découvrir des pâtisseries du pays, nous montrent la vieille ville avec une gentillesse et une hospitalité déconcertantes. Nous terminerons cette journée en  partageant une chicha.

L’aventure commence le lendemain depuis Madaba. Une première journée de rodage en direction du Mont Nébo (où Moïse décéda) 25 km aller-retour. Après seulement 1h, la chaîne du vélo de Sandra saute pour la 5éme fois et Julien la remet de nouveau  avec sourire biensur. Un arrêt au stand est donc obligatoire en fin de journée. Avec énergie et insistance, le garagiste local, plus spécialiste en réchaud butagaz et en chauffe-eau électrique, parvient  à résoudre le premier problème de chaine du vélo 1.

La seconde étape (de montagne) relie Madaba à Kerak. Digne des étapes du Tourmalet et de l’Alpe d’Huez cumulées nous pédalons 35km avant de mettre les 2 vélos dans un minibus pour finir les 50km restants… A notre décharge le vélo 1, devenu celui de Julien, n’a plus qu’une vitesse sur 21, un pneu arrière crevé et la côte depuis le bas du Wadi Mujib est à plus de 12% sur 10km. L’étape de 2 jours à Kerak permet aux cuisses de récupérer et aux vélos 1 et 2, lui aussi touché, de faire peau neuve. Là encore nous faisons la rencontre formidable de Mohammad (un autre) et de ses amis. Devant son garage, pas celui de nos vélos, ils nous proposent le thé que nous acceptons. 2 heures de conversation magiques, composées à 25% d’arabe, 25% d’anglais et 50% de signes/sourires.

La troisième étape (encore montagneuse) qui relie Kerak et son château à la réserve naturelle de Dana est une épreuve pour nos nerfs. Après 3 km de descente, le vélo 1 qui sort du garage, ne tourne plus ! Aïe ! Il ne reste plus qu’à faire demi-tour, et remonter la côte pour faire réparer le vélo... Mohammad (toujours lui) nous sauve la mise avec un peu d’huile, et nous offre de nouveau le thé. 9h nous partons vraiment. 45km plus loin, en bas du Wadi Al-Hasa, cousin du Mujib par la dénivellation, nous nous reposons avec une troupe d’enfants hyper craquants (photo de la semaine 6). Ensuite, recherche d’un pick-up pour nous remonter jusqu’à Dana. Mohamed s’arrête (un autre encore), il a le mini van rempli de chaussures et vêtements qu’il va vendre sur le marché mais décide de superposer nos vélos et hop nous emmène gratuitement. Il en est tellement ému qu’il appelle son père sur le trajet pour lui dire qu’il a 2 français dans son van.

Avant la quatrième étape, une halte dans le hameau de Dana avec une randonnée et des couchers de soleil renversants. Nous rencontrons Haroon (nouveau portrait dispo) qui nous enseigne quelques nouveaux mots d’arabe et nous fait visiter son centre d’économie solidaire. Après 3 jours, il faut repartir. Bonne nouvelle, la quatrième étape jusqu’à Pétra se caractérise par l’absence d’assistance mécanique sur les vélos et d’assistance sanitaire pour nos mollets (pas de km en bus). A Pétra, nous retrouvons nos marques : notre resto favori, notre hôtel et notre pâtisserie…
Dernière étape (de descente), l’autoroute qui descend jusqu’à Aqaba notre terminus. Sans encombre. Un contrôle de police sur la route, non pour excès de vitesse ou pour pratique du vélo sur autoroute, mais par simple curiosité. Voilà, c’est l’heure de revendre ou plutôt brader nos 2 vélos. Vous devinerez que c’est le vélo 2 qui a permis de valoriser le package.

Deux jours dans le monde de Némo en Mer Rouge puis 2 jours incroyables avec nos amis Julie et Cairo dans le Wadi Rum. Maintenant direction Incredible India, nous décollons ce mercredi.
Une chose est sûre, ces 2 mois dans la région  sont  une belle surprise. Des paysages magnifiques, une histoire et des sites marquants, des gens inoubliables. La Jordanie en particulier va nous manquer….