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mardi 9 août 2011

Recette de Madagascar

Comment expliquer Madagascar? C'est un mélange, un mix, qui donne à l'île ce parfum unique. Des influences africaines, françaises, malaisiennes, 18 ethnies, chacune avec ses spécificités. On secoue bien le tout, et voilà Madagascar... Le plus simple, c'est peut-être de vous présenter un à un, les ingrédients.

Prenez une bonne dose de taxis-brousse, minivans surchargés qui sillonnent les routes pavées ou non. Choisissez de préférence ceux de la RN7, si vous ne voulez pas être trop secoués. Un premier pour descendre de Tana à Antsirabe les fesses bien calées dans le trou entre la banquette et le strapontin. Un second entre Antsirabe et Fianarantsoa, pour goûter à l'attente en gare... un autre avec moteur bien brûlant, juste sous notre siège, et qui balance un peu faute d'amortisseur. Puis un autre...puis un autre....

Délayez avec d'autres types de transport. Vélo autour des lacs d'Antsirabe, et ses milliers de « vas-y Vazaha! » (Vazaha étant le terme utilisé pour désigner un étranger non Africain – oui, ça marche aussi pour les Japonais!). Train de Fiana à la côte est, Manakara : autant de temps sur rail qu'à l'arrêt dans les gares, mais que de fêtes, marchands, badauds dans chacune des 17 gares! Pirogue sur le canal des Pangalanes, au rythme des pêcheurs locaux. Voiture de location, avec chauffeur, lorsqu'au détour d'un déjeuner, on trouve de bonnes âmes pour nous accueillir!

Ajoutez quelques animaux étranges. Le zébu et sa bosse, tirant les charrues ou dans l'assiette, est toujours d'excellente compagnie. Exception faite pour les automobilistes qui les croisent sur leur route, et en perdent leurs rétroviseurs... Le lémurien, lui, peut manger fruits et bambous, tranquille. Emblème de Madagascar, et protégé, il peuple la forêt tropicale de Ranomafana, et se balance allègrement d'une branche à l'autre, à 30 mètres du sol! Parfois, il descend, alors clic-clac, c'est dans la boîte, comme dans le parc de l'Isalo. Enfin, la baleine elle aussi à bosse qui vient dans le canal du Mozambique se reproduire durant l'hiver austral.

Saupoudrez avec la gentillesse des habitants, mais aussi la pauvreté de la population malgache, et une difficulté à trouver un équilibre politique. Un pays où les 2/3 de la population vit avec moins de 1 euro par jour, où les enfants sont 70 par classe dans le public, où le salaire d'un professeur est 3 fois inférieur à celui d'entrée pour un militaire. Un gouvernement de transition depuis 2009, une population qui attend depuis l'organisation d'élections. Mais une vraie joie de vivre, de l'espièglerie des enfants, aux sourires des hommes et des femmes qui croisent notre chemin.

Surtout, n'oubliez pas l'ingrédient essentiel : le « mora mora ». Terme malgache entendu des centaines de fois, il parfume cette recette de Madagascar. On peut le traduire par « tranquille-tranquille ». C'est la patience qui est mise à rude épreuve. C'est un art de vivre ici, où tout se fait au rythme lent de … la vie. De l'attente 3h avant le départ en taxi-brousse, à notre cadence de voyage pour ce dernier pays, ici on profite de la vie et du temps qui coule, doucement.

Ajoutez une pincée de vanille pour l'exotisme. Des fruits, des légumes, des épices, ici tout pousse et c'est du bio! Une vie rurale développée, des petites parcelles de terre cultivées. Seul le village d'Anakao, au sud ouest de Madagascar sur la côte est isolé, une île dans l'île. Il faut apporter l'eau douce en pirogue tous les jours. Ça tombe bien, ici, l'ethnie est celle des Vézos, pêcheurs et navigateurs de pirogues depuis des générations.

Faites chauffer le tout, au soleil de préférence! Vous obtiendrez Madagascar, une recette unique, à faire frémir vos papilles!